Cap sur la Coupe du monde 2011

La Coupe du monde 2011 ne sonnera ses trois coups que dans un peu plus de 500 jours maintenant, mais l’attente commence déjà à monter au pays du long nuage blanc alors que les premiers tickets pour la compétition seront mis en vente mardi 27 avril sous forme de lots.

Prioritaires, les acteurs du monde du rugby avaient depuis hier la possibilité de poser une option sur ces packages. Le taux de réponse a été excellent, notamment sur le marché britannique. Le comité d’organisation de la Coupe du monde a par ailleurs annoncé qu’elle envisageait de mettre en place un système légal de revente des billets, deux à trois mois avant le début du tournoi, pour les acheteurs qui ne voudraient ou pourraient plus y assister.

Enfin, le voile a été levé cette semaine sur la “party zone” qui devrait être spécialement aménagée dans le centre ville d’Auckland pour l’événement (ci-dessus). Problème : le Queen’s Wharf, dont la réhabilitation coûterait près de 5 millions d’euros, se trouve assez loin de l’Eden Park, où se disputeront notamment les deux demi-finales et la finale de la compétition.

Montage photo : Dominion Post.

Les infos de la semaine

Retour, en bref, sur ce qui a fait l’actualité cette semaine dans le rugby néo-zélandais.

Chaises musicales. Remaniement au sein du staff des Blacks : jusqu’alors en charge des avants, Graham Henry assurera l’entraînement des arrières pour la nouvelle saison internationale. Steve Hansen prendra donc à nouveau la destinée du pack alors que Wayne Smith garde sa place à la défense.

Bavard. Généralement discret dans les médias, Graham Henry est sorti de sa tanière cette semaine. Le sélectionneur des Blacks a d’abord assuré ne pas être inquiété par la mauvaise saison des franchises néo-zélandaises du Super 14. Il a ensuite fait des Springboks “la meilleure équipe du monde à l’heure actuelle” avant de relancer le Toulonnais Sonny Bill Williams, qu’il aimerait voir revenir en Nouvelle-Zélande la saison prochaine.

Blessé. Un peu en dedans lors de ses deux dernières sorties, Dan Carter, handicapé par une blessure à la hanche, sera laissé au repos ce week-end. Le match entre les Crusaders et les Cheetahs, à Christchurch, marquera par ailleurs le retour de Richie McCaw au poste de numéro 7.

Coiffeur. Un pari perdu a contraint le joueur des Hurricanes Aaron Cruden (ci-dessus) de raser son mulet. Ca n’a empêché la franchise de Wellington de garder un mince espoir de qualification pour les play-offs en allant s’imposer en Australie sur le terrain des Brumbies (23-13).

Hat trick. Joe Rokocoko, écarté des All Blacks lors de la dernière tournée, confirme cette saison son retour en grâce. Le vétéran néo-zélandais a inscrit trois essais lors de la large victoire des Blues sur la Western Force (38-17).

Photo Sébastien Duval

Les All Blacks Maoris encouragés à perdre contre les Springbocks en 1956

Le rugby maori fête cette année son centenaire et la presse n’en finit pas de sortir les squelettes du placard. La Fédération néo-zélandaise (NZRU) a d’abord refusé au début du mois de présenter des excuses aux anciens joueurs maoris privés sur critères raciaux des tournées des All Blacks dans l’Afrique du Sud de l’Apartheid en 1928, 1949 et 1960.

Le New Zealand Herald raconte par ailleurs aujourd’hui comment les All Blacks maoris ont laissé filer un match contre les Springbocks, en 1956, sous des pressions politiques. Le ministre des affaires maories Ernest Corbett s’était alors rendu dans les vestiaires, quelques minutes avant le coup d’envoi, à l’Eden Park d’Auckland, en demandant aux joueurs de perdre la rencontre “pour le futur du rugby”.

“Je croyais qu’il plaisantait, mais un autre officiel est venu après lui avec le même message : ne gagnez pas ce match ou nous ne serons plus jamais invités à jouer en Afrique du Sud”, a révélé à Radio Waatea l’ancien international maori Muru Walters, dont l’équipe, “complètement déstabilisée”, s’était alors lourdement inclinée (37-0).

Les All Blacks maoris joueront au mois de juin deux tests contre l’Irlande et l’Angleterre dans le cadre de leur centenaire.

Texte et photo Sébastien Duval

Super 14, 9e journée : Record pour Dan Carter, les Bulls à la relance

Battus pour la première fois le week-end dernier à l’Eden Park d’Auckland, les Bulls de Pretoria ont repris leur marche en avant, un peu plus au sud, sur la pelouse du Waikato Stadium d’Hamilton, l’antre des Chiefs. Les tenants du titre ont su s’appuyer sur un jeu au pied efficace pour engranger un nouveau succès bonifié (33-19) qui leur permet de pointer à nouveau en tête du classement.

Les Waratahs ne seront donc pas restés bien longtemps aux commandes du Super 14. La franchise du New South Wales était samedi soir en déplacement à Christchurch, où les Crusaders n’ont perdu qu’une seule fois contre une équipe australienne en dix ans de compétition. Le choc au sommet de cette neuvième journée a confirmé la statistique puisque les Croisés se sont imposés (20-13), dans la douleur, grâce notamment à la botte de Dan Carter, auteur de cinq pénalités qui font désormais de lui le meilleur réalisateur de l’histoire du Super 12/14 avec un total de 1.022 points. Le demi-d’ouverture des All Blacks, déjà en dedans la semaine dernière contre les Hurricanes, a pourtant encore rendu une copie assez moyenne au pied (5 sur 9).

Brumbies, Reds et Stormers se sont tous imposés derrière et conservent leurs chances de qualification pour les demi-finales. Trop inconstants, les Blues peuvent sûrement tirer une croix sur les play-offs. Avec la saison galère des Hurricanes, exempts ce week-end, et la faiblesse récurrente des Highlanders, battus à Queenstown par la Western Force, la dernière édition du Super 14 ne sera décidément pas un grand cru pour le rugby néo-zélandais.

Photo Sébastien Duval

Le site de tous les transferts rugby

Rugby NZ est heureux de vous annoncer la naissance d’un nouveau site sur la toile rugbystique : Rugby Transferts.

“C’est un fait, le rugby est devenu un sport professionnel, pour ses meilleurs pratiquants un métier. En un sens, c’est même un peu plus honnête que les quelques biffetons qu’on glissait sous la table sous le couvert de l’amateurisme au XXe siècle. Ou encore ces métiers d’appoint, parfois fictifs, que l’on dégotait aux meilleurs pour les faire signer. Au fond, les transferts, cela a toujours existé. Désormais, c’est simplement réglementé et clarifié. Et les médias peuvent y mettre leur petit grain de sel.”

Voilà l’ambition de ce nouveau média, à qui Rugby NZ souhaite une longue vie pleine de mouvements et de gros contrats. Retrouvez sa page Facebook et son feed Tweeter.

Vers une Supercoupe Nord-Sud ?

Une Supercoupe Nord-Sud entre le vainqueur de la Heineken Cup et celui du Super 14 : l’idée a déjà fait du chemin parmi les instances du rugby international. Elle a repris corps, cette semaine, après que plusieurs médias anglophones ont fait état d’un potentiel accord trouvé entre les différentes parties pour la saison 2012. “Tout le monde est prêt à s’engager si on peut dégager une date faisant l’unanimité. Les discussions continuent dans ce sens avec les représentants de l’hémisphère sud”, a ainsi déclaré au Guardian le président de la ligue anglaise, Mark McCafferty.

Le quotidien néo-zélandais Dominion Post confirme qu’une réunion aura lieu demain à Sydney entre les responsables de la SANZAR (consortium regroupant les fédérations d’Australie, de Nouvelle-Zélande et d’Afrique du Sud) pour discuter de la mise en place de ce que les médias appellent déjà ‘The battle of hemispheres’. “C’est un concept excitant dont on parle déjà depuis plusieurs années. Ce serait une bonne chose de le voir se concrétiser”, a confié le directeur général de la NZRU, Steve Tew.

Principal obstacle à la création de ce choc des hémisphères au fort potentiel lucratif, le choix de la date pourrait se porter sur le premier week-end de décembre, à la fin de la tournée d’automne des sélections du sud. La rencontre pourrait se jouer en terrain neutre, à Monaco ou au Moyen-Orient, mais quelques doutes subsistent sur le format de la compétition : doit-on uniquement faire jouer les vainqueurs de la H-Cup et du Super 14 (le Leinster et les Bulls par exemple pour 2009) ou organiser une sorte de mini-tournoi entre cinq ou six clubs (un de chaque nation de la SANZAR et les vainqueurs du Top 14, du championnat anglais et de la Magners League) ? Pas sûr que la deuxième option ne fasse que des heureux dans un calendrier déjà largement surchargé.

Texte et photo Sébastien Duval

Dan Carter aime le XIII

Un pick-and-go, en passant, avec cette petite phrase de la nouvelle égérie de Rugby NZ, Daniel Carter : “J’aimerais beaucoup évoluer un jour dans la National Rugby League (ndlr : le championnat australien de rugby à XIII). J’adore regarder les matches, mais je n’ai jamais pratiqué cette discipline et quand l’heure viendra de donner une nouvelle orientation à ma carrière je ne serai plus qu’un de ces vieux gars qui font le nombre.” C’est pas sympa pour Gareth Thomas.

Illustration : Le 10 Sport du vendredi 2 avril.

Pour vous, mesdames

La campagne n’est pas nouvelle, mais quelques lectrices de Rugby NZ ont sûrement dû passer à côté. Adidas, l’équipementier du Super 14, a mis en ligne l’année dernière le site Jersey Swap, qui comme son nom l’indique vous permet de voir une poignée de joueurs néo-zélandais échanger leurs maillots. Tamati Ellison (Hurricanes), Ali Williams (Blues), Richie McCaw (Crusaders), Jimmy Cowan (Highlanders) et Liam Messam (Chiefs) se sont prêtés au jeu, au grand bonheur des amatrices d’abdos artificiels et de pectoraux tatoués.

Messieurs, pour vous consoler, allez jeter un oeil sur ce diaporama des cheerleaders du Super 14.

Super 14, 8e journée : Ralentissement en tête

Il n’y a plus d’équipe invaincue dans ce Super 14. A force de plier (victoires poussives contre les Hurricanes et la Western Force), les Bulls ont fini par rompre, samedi, à l’Eden Park d’Auckland, un stade où ils ne se sont encore jamais imposés. La série victorieuse (12 matches) des coéquipiers de Morné Steyn, tenants du titre, s’est donc achevée face à des Blues plus volontaires, à l’image de leur arrière Isaia Toeava, particulièrement convainquant pour son retour à la compétition.

L’autre franchise sud-africaine du trio de tête n’a pas fait mieux. Les Stormers se sont en effet inclinés d’un petit point (16-15) sur la pelouse de la Western Force, qui laisse par l’occasion la dernière place aux Lions, exempts en ce week-end pascal.

Le choc 100% néo-zélandais entre Hurricanes et Crusaders a accouché lui d’un match nul (26-26) renversant. La franchise de Christchurch a d’abord mené 18-0 avant de subir le réveil de Ma’a Nonu et des joueurs de la capitale, mais un essai controversé du futur Clermontois Ti’i Paulo (photo), lui a permis d’égaliser sur le fil après cinq minutes d’arrêt de jeu. Les Croisés auraient même pu s’imposer si Dan Carter, qui a passé vendredi la barre des 1.000 points marqués dans le Super 14 malgré une prestation d’ensemble médiocre, n’avait pas manqué la transformation.

Les Waratahs, faciles vainqueurs de Cheetahs apathiques (40-17), ont profité du ralentissement en tête pour prendre les rênes du championnats à la faveur de leur match supplémentaire. Derrière, les Sharks ont confirmé leur regain de forme en disposant des Reds (30-28) à domicile.

Photo Sébastien Duval

Les Kiwis ne veulent pas d’un hymne anglais

Une campagne publicitaire a accompagné cette semaine sur les écrans néo-zélandais le lancement prochain de la vente des billets pour la Coupe du monde 2011. Le choix du support musical – la reprise d’un titre des années 1990, Right Here, Right Now – fait grincer quelques dents au pays du long nuage blanc. En cause : les origines britanniques de la chanson, pourtant interprétée par un groupe kiwi, The Feelers.

“C’est une compétition organisée en Nouvelle-Zélande et pour laquelle les contribuables néo-zélandais vont devoir mettre la main à la poche. Le moins que l’on puisse faire, c’est avoir un hymne néo-zélandais”, a regretté le comédien Gary McCormick, tête de proue des contestataires, pour qui ce choix porte “des relans de colonialisme”.

Le Premier Ministre néo-zélandais John Key, qui a un avis sur tout, a déclaré ne pas voir de problème à ce qu’une chanson étrangère soit utilisée pour faire la promotion d’un événement international. “C’est un rythme très entraînant”, s’est même félicité l’édile.

D’accord, le plan serré sur Jo Maso et Bernard Laporte pique un peu les yeux, mais il faut reconnaître que ça aurait pu être pire. Remember.

« Entrées précédentes
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.